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Carbone : Le rôle de l'agriculture

Qu’est-ce que le Carbone ?

 

Au début du 19ème siècle, à l’ère de la révolution industrielle, le développement des industries et l’exode rural ont poussé les populations à changer leur mode de vie pour se tourner vers un quotidien plus industrialisé et citadin.

Ce changement s’accompagne d’une croissance des besoins et par conséquent, de la production et des transports.

Ainsi, nos industries, nos transports… sont émetteurs de gaz à effet de serre ou GES. Ces gaz sont notamment responsables de l’effet de serre qui a un impact direct sur l’environnement, et par conséquent sur le réchauffement climatique. 

Jusque dans les années 1950-1970, les industries devaient simplement répondre à un besoin de la population, et franchement, les gaz à effet de serre, c’était le cadet de nos soucis !

Mais le rythme de production actuel en pleine croissance, au même titre que les émissions de gaz à effet de serre qui augmentent, remettent en cause notre développement durable. Nos activités engendrent un déséquilibre entre nos émissions et les activités naturelles compensatrices de la Terre mais aussi certaines pratiques mises en œuvre pour les réduire et les capter. Des interrogations commencent alors à faire surface, ce qui nous pousse à trouver des solutions.

 

Quelles solutions envisager : l’agriculture de demain ?

 

Deux axes de travail peuvent être étudiés : la décarbonation de nos activités et la captation via des puits de carbone.

Derrière le mot décarbonation se trouve l’ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de réduire les gaz à effet de serre (GES) et de limiter l’impact sur le climat. Ainsi, la décarbonation reviendrait dans l’ensemble à adapter nos modes de vie et de production : réduction de l’utilisation d’énergies fossiles au profit d’énergies plus vertes (voitures hybrides ou 100 % électriques par exemple), covoiturage, optimisation des transports, construction de bâtiments avec des matériaux écoresponsables et durables, réduction de la consommation de l’énergie en général (gaz, électricité), gestion et valorisation des déchets…

En France, en 2018, les transports, les industries et l’agriculture sont responsables de 70 % des émissions de GES. L’agriculture compte, à elle seule, environ 20 % de ces émissions.

Au sein des exploitations, les élevages bovins, représentent environ 85 % des émissions françaises liées aux élevages. Si on regarde les cultures (grandes cultures par exemple), les engrais minéraux représentent près de la moitié des émissions, du au dégagement d’oxyde nitreux lors de la fabrication et de l’épandage.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’agriculture française, c’est aussi :

-          440 000 exploitations présentes sur le territoire, ce qui fait de nous le premier pays producteur Européen

-          45 % des surfaces à usage agricole

-          Et enfin 31 % des terres cultivées sont des sols agricoles !

En effet, nos sols agricoles, de par leur richesse, leur diversité, et surtout la diversité des cultures qui y poussent, sont de très bons candidats comme « puits de carbone ».

 

Le rôle primordial des sols

 

Les sols sont naturellement fournisseurs d’éléments nutritifs favorisant la croissance des plantes. Ils représentent le réservoir de carbone organique le plus important, et cette fonction est portée par la matière organique (constituée d’environ 50% de carbone).

Les plantes produisent de la biomasse végétale qui, à la fin de la saison, sera décomposée. Ainsi le stock de matière organique est reconstruit. Ce stock sera par la suite reminéralisé en matières minérales qui favorisera la croissance des plantes au printemps. Ce phénomène représente le cycle du carbone.

Ainsi, lorsque l’incorporation du carbone dans les matières organiques est supérieure au phénomène de minéralisation, le carbone est stocké. C’est pourquoi le stockage du carbone dans les sols agricoles est une solution intéressante.

 

Un objectif national décliné à l’échelle locale

 

La feuille de route nationale pour la réduction de nos émissions, appelée Stratégie Nationale Bas Carbone, est déclinée en plusieurs labels, dont le Label Bas Carbone et l’Initiative 4 pour 1000.

Pour un agriculteur, ces labels sont un moyen de valoriser son exploitation sur le long terme, en mettant en place des stratégies culturales concrètes de réduction et de captation du carbone.

Exemple en Grandes Cultures, dont les plans d’action sont parus dans le courant de l’été 2021 : sont proposées entre autres l’insertion et l’allongement de la durée des cultures intermédiaires, l’extension de la place de prairies temporaires dans les successions culturales, ou bien encore le développement de l’agroforesterie intraparcellaire.

Enfin, la réforme de la PAC 2023-2027 va probablement intégrer des objectifs bas-carbone, l’Eco-Scheme en France, qui conditionneront environ 1/3 des aides délivrées pour les agriculteurs. Ceux-ci n’auront alors pas d’autre choix que de s’intéresser à leur bilan carbone et à intégrer des démarches bas-carbone au sein de leurs pratiques culturales habituelles.

 

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