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Agroécologie : qu'est-ce que c'est ?

A partir du XXe siècle, l’agriculture moderne s’est massivement développée pour répondre aux besoins alimentaires croissants d’une population mondiale de plus en plus nombreuse. Cette production intensive a toutefois eu des effets négatifs sur l’environnement, comme la dégradation de la qualité des sols et des eaux ou la pollution de l’air responsable du réchauffement climatique. En 2016, par exemple, le secteur agricole a contribué à 94% des émissions d'ammoniac (NH3), 9% des émissions de particules en suspension (type PM2, 5) et 14% des émissions de CO2. Contre cette agriculture destructrice, chercheurs, militants et agronomes promeuvent depuis quelques années l’agroécologie, plus respectueuse des écosystèmes. Qu’est-ce que ce nouveau concept ? Qu’implique-t-il ? Sur quels principes repose-t-il ?

L’agroécologie est un ensemble de théories et de pratiques agricoles tirées de plusieurs disciplines, à savoir l’agriculture biologique, l’agronomie, l’écologie scientifique, les sciences sociales et l’économie. Elle a pour but d’offrir un système agricole plus durable et plus respectueux de l’environnement. Elle concerne l’ensemble du système de production agro-alimentaire, de la culture à la consommation en passant par la distribution. L’agroécologie s’appuie sur les composantes naturelles des écosystèmes pour les amplifier afin de réduire au maximum les pressions sur l’environnement et préserver la biodiversité.

Des bénéfices pour l’environnement et l’exploitant

Au niveau des exploitations, ces principes de base se déploient sous la forme de bonnes pratiques. Parmi celles-ci, notons le maintien ou le réaménagement des zones humides favorables à la biodiversité, l’entretien des eaux, la diversification des cultures, la réduction des intrants et le bon réglage des pulvérisateurs de produits phytosanitaires pour éviter les dérives.

L’agroécologie est une démarche au long cours. Elle permet de laisser reposer les sols et d’enrichir la biodiversité. Les exploitations peuvent ainsi mieux faire face aux aléas climatiques car plus résilientes. Outre ses bénéfices sur l’environnement, l’agroécologie offre un gain d’efficience aux agriculteurs et leur permet de réduire les coûts de production : moins de pesticides, de produits phytosanitaires et donc de pertes. D’où une meilleure rémunération des producteurs.

De la nécessité de posséder des connaissances robustes

Pour se lancer dans l’agroécologie, il est indispensable de posséder de solides connaissances dans le domaine agricole. Ce qui n’est pas évident. La plupart des producteurs choisissent donc de s’associer à d’autres agriculteurs ou de faire appel à l’expertise de sociétés spécialisées dans la production agricole. Celles-ci se chargent d’évaluer la mise en place des bonnes pratiques agricoles sur leur site de production. Elles identifient les axes d’amélioration et proposent des plans d’action conformes aux exigences des agriculteurs. Ces bonnes pratiques agricoles, socles de l’agroécologie, concernent les problématiques propres à toute exploitation. Il s’agit de la gestion des terres et de l’eau, la gestion de l’épandage et du stockage des fertilisants, ainsi que la gestion de la protection phytosanitaire.

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